fable
La fable du jour : " Le poète, le banc et la grenouille " de ... Pierre
Image piquée chez J.C. + une sur le net
Fable dédiée à mon ami J.C.
Le poète, le banc et la grenouille,
Un poète, endormi sur un banc, bien calé,
rêvait en souriant à ses amours passées.
Sourires entrecoupés de sanglots et de larmes,
esquisse d’un tableau d’un indicible charme.
Une verte grenouille en passant devant lui
s’arrêta doucement et s’installa sans bruit.
Observant avec soin les détails de l’image
Elle s’écria d’un coup : « mais pour sûr ! C’est un mage ! »
Elle fit un grand bon pour sauter sur le banc,
bien plus qu’il n’en fallait et se retrouva - vlan !-
sur les genoux offerts du rêvassant poète,
le réveillant d’un coup : chose , pour le moins, bête !
Un échange, tantôt en croaque,
tantôt en vers lents,
s’établit aussitôt !
Lui :
« Halte-là la bestiole ! Aurais-tu disjoncté !
Je te le dis tout net, ais la grande bonté
de dégager de là sans perdre une seconde
avant que je ne sois d’une humeur furibonde ! »
Elle :
« Ne devines-tu pas un appel du destin ?
Je suis sur tes genoux : c’est un signe certain !
Un vil ensorceleur m’a changé en grenouille,
mais je suis une femme : annule cette embrouille !
Je le sais, tu le peux, tu es un magicien,
tu assembles tes vers en très grand praticien !
Si, du bout du crayon tu effleures ma tête,
je redeviendrai femme au lieu de cette bête !
Je saurai m’acquitter du service rendu :
tout ce que tu voudras et même encore plus !
Accepte le marché, tu ne seras pas dupe :
tu seras remercié, pour le moins au centuple ! »
Le poète ébaubi … plutôt dubitatif,
se mis à réfléchir en se grattant les tifs !
« Je ne vois pas de risque à tenter l’expérience,
à exaucer son vœu - bannissons la méfiance !- »
Jusque là silencieux, le banc l’interpella :
« Attention mon ami, je sens mal ce coup là !
Je te connais très bien de dos comme de fesses :
tu n’as jamais su dire un « non » franc aux gonzesses !
« Ça va bien toi le banc, garde donc tes conseils
pour les petits jeunots, je suis d’âge vermeil !
Je sais ce que je fais: tais-toi, je t’en conjure ! »
N’écoutant pas le banc, il tenta l’aventure !
Sur la tête il posa le bout de son crayon
… le ciel s’irisa en milliers de rayons !
Ebloui un instant, il retrouva la vue
pour voir sur ses genoux une fille non nue !
Une fille sans âge aux habits vieux et noirs,
à la mine revêche, autant qu’un urinoir !
A l’amabilité de ces vieilles concierges
qui n’ont jamais connu autre chose qu’un cierge !
Jetant l’engeance à terre en criant : « c’est du vol !
C’est de l’arnaque en vrac ! C’est vraiment pas de bol ! »
Il faillit s’étrangler et la prendre au collet
quand il vit à ses doigts… horreur ! … un chapelet !
Il venait bêtement, lui, le païen, l’impie
de délivrer - punaise ! - une de sacristie !
Une vieille bigote à l’avachi bustier :
véritable grenouille… oui ! mais de bénitier !
Tout à fait ulcéré il sortit de son sac,
un flacon aplati qu’il prit par le colback
et se mit en devoir, pour noyer son remord
de le vider cul sec pour se saouler à mort !
Moralité :
Premier enseignement :
Les bancs sont des experts en matière de bougresses,
ils connaissent les femmes et encor’ plus leurs fesses !
Leurs rapports sont intimes : ils savent leurs secrets,
ils pourraient faire des livres accrocheurs à souhait !
Second enseignement :
Si une grenouille ou une femme, mon garçon,
vient à sauter sur tes genoux, sans plus de façon,
sauve-toi le plus loin possible et fais attention :
surtout - surtout ! - : laisse bien de coté ton crayon !
Pierre Dupuis
Spéculations et arnaques: les banques vont recommencer ! La fable du jour " Les vautours, les fourmis-dindons, les cigales et les copains-coquins rois au royaume de l’argent, " de ... Rotpier
Puisque, malgré les grandes promesses,
ils sont en train de recommencer !
Déjà publié
Fable des temps dits … modernes !
Que l’on pourrait aussi appeler : Fable des bandits modernes !
… soit dit en passant !
Et ce, sans pour autant passer pour un charlot !
Cela se passait il y a fort longtemps :
un peu moins de dix ans après l’an deux mille !
Les vautours, les fourmis-dindons, les cigales
et les copains-coquins rois au royaume de l’argent,
Images prises sur le net et bidouillées par Rotpier
Les vautours, les fourmis-dindons, les cigales
et les copains-coquins rois au royaume de l’argent,
En ces temps reculés, régnaient sur la planète
des hordes de vautours qui avaient su, ma foi,
se faire protéger – manœuvre malhonnête ! –
par des copains-coquins ayant statut de roi !
Presque tous les pays avaient même modèle :
les vautours s’activaient à récolter l’argent
que les fourmis-dindons, clientèle fidèle,
au prix de grands efforts gagnaient péniblement.
Les déplumés du cou, dans leur grande largesse,
leur versaient une obole à chaque fin de l’an,
un bien piètre intérêt, heureux de leur sagesse :
bien naïfs clients, cocus, battus, contents !
Non ravis d’une manne à déformer leurs coffres,
les horribles vautours n’en avaient pas assez,
pour gagner beaucoup plus ils bâtirent des offres
ne tenant pas debout, ne pouvant que casser !
Habiles aigrefins, ils créèrent … la bourse !
Afin de spéculer pour bien mieux s’enrichir,
respectant au début, valeurs de bonne source,
mais dérivant ensuite au point de s’étourdir !
Un continent surtout se distinguait des autres,
là-bas, les serres-sous battaient tous les records !
Malgré les « au secours ! », malgré les patenôtres
sévissaient les vautours d’Amérique du nord !
Parmi les coups tordus de ces sales bestioles,
l’un fut bien plus fameux, misant sur l’habitat :
des prêts à taux variable – un tour vraiment mariole ! –
à des cigales aux portefeuilles bien plat !
Très peu de temps après, les charges augmentèrent,
ne pouvant faire face aux gros remboursements,
les insectes pleurant, quittèrent leurs chaumières,
leurs larmes s’échappant en grands déversements !
Les tout lisses du col, sur le champ, s’empressèrent
de monter une arnaque afin de contourner
le dépôt de bilan de leurs sales affaires :
refiler la patate avant de se brûler !
Vint la grande magouille et la valse des titres,
tout le monde nageait ne sachant plus très bien
quoi vendre ou acheter – où est passé l’arbitre ? –
c’était le grand bordel et ce au quotidien !
Les vautours en déroute aussitôt se tournèrent
vers les rois – leurs copains ! – en leur disant ceci :
« La finance va mal, il faut qu’on récupère,
il nous faut du liquide ou bien c’est la chienlit ! »
Les rois copains-coquins en firent leur affaire
en ponctionnant plus fort toutes fourmis-dindons
leur disant : « l’heure est grave, il ne faut pas le taire,
sans vous c’est la cata : aboulez le pognon ! »
Et comme à l’habitude, en jurant, ils crachèrent
au bassinet maudit tout en sachant très bien
que pour les intérêts, pas besoin de s’en faire :
ce sera peau de balle et même encore moins !
Moralité en chaine :
1er maillon :
Mieux vaut être un vautour
qu’une fourmi-dindon
pour éviter un jour
l’épithète de con !
2ème maillon :
Les grands cols déplumés
n’ont jamais de remords :
savoir se remplumer
est bien leur règle d’or !
3ème maillon :
Tranquille dans son lit
rêvant à des ponts d’or,
quand le vautour agit
le malheureux con dort !
Pierre Dupuis
Maître Collard et son ego perché: un pastiche d'une fable de La Fontaine par ... Rotpier

Montage photos du net bidouillées par le Rotpier
Pastiche de la fable :
« Le corbeau et le renard »
de Monsieur Jean de la Fontaine.
L’ego et le Collard,
Maître Collard à l’ego haut perché
Soignait avant tout son image.
Un procureur l’ayant bien remarqué
Lui tint à peu près ce langage :
« Eh! Monsieur du barreau,
Que vous êtes gracieux : n’ayons pas peur des mots !
Sans mentir, si votre ramage
Se rapporte à votre abattage,
Vous êtes le phénix, le roi de tous les rois ! »
A ces mots, le Collard ne se sent plus de joie
Et pour montrer sa belle voix,
Il divague aussi sec et dit n’importe quoi.
Le procureur, ravi, lui dit : « Mon bon Monsieur,
Apprenez que tout hâbleur,
Un jour ou l’autre trouve sur sa route
Un plus malin que lui qui le met en déroute ! »
Le Collard, superbe et imbu
En avala sa mèche et en fut sur le cul !
Règle générale de vocabulaire sous-tendue :
Comme le bagout et le bonimenteur,
Comme l’égout et ses odeurs,
Comme les goûts et les couleurs…
Enfin…
Comme toute paire de choses de cet acabit là :
" L’ego et le Collard " ne se séparent pas !
Rotpier
Aux valeureux marins de Boulogne-sur-Mer, de Lorient, de Concarneau ou d’ailleurs : la fable du jour : « Ça, c’est le pompon ! » de … Rotpier … marin … bien entendu !
Remarque :
Il y a marin et marin :
Le marin mari marri et le marin malin qui rend marri le mari marin !
Toute la différence réside dans l’art de manier le pompon.
Il y a aussi le marin malin qui rit quand il roule la morue et c’est de celui-ci dont je vais vous entretenir aujourd’hui !
Image pêchée sur le net !
Fable,
Ça, c’est le pompon !
Un jour j’ai aperçu
et ce à son insu,
dans sa maison cossue,
ma voisine fessue.
Pas le moindre tissu,
terriblement pansue,
bourrelets tant et plus :
un profil de massue !
Il y avait dessus,
collé comme sangsue
- et pas à son insu ! –
une forme bossue !
Un marin tout poilu
et n’ayant pour tenue
qu’un pompon vermoulu
de laine refendue !
A peine descendu,
ma voisine fessue
lui dit « c’est cent écus :
c’est la somme attendue ! »
« Quoi ! Que je sois pendu,
tu es une morue !
Mon cœur est tout fendu :
c’est une triste issue !
Il aurait mieux valut
que j’ignore ta rue,
que je fusse au chalut :
voilà mon point de vue !
Mon amour a vécu,
tu étais ma statue,
montagne de vertu
… mon âme est fort déçue ! »
Sans raquer un écu,
il remit sa tenue,
sourire contenu
et enfila la rue !
Hurlant : « Oh ! Le tordu ! »
ma voisine fessue
en tomba sur le cul :
une arnaque, ça tue
Moralité :
A cent écus la passe,
ça passe ou bien ça casse,
il ne faut pas pleurer
quand on se fait - - - - - - !
Rotpier
La puce, le chien et le chat,............ tiens, ça m' gratte ! Une fable du Rotpier !
Fable :
La puce, le chien et le chat,
Sur le cul d’un chien,
une puce, bien dans sa peau,
faisait consciencieusement son boulot :
piquer, piquer et repiquer encore
sur le milieu et sur les bords !
Ce qui énervait au plus haut point
… le chien !
Il l’interpella de vive façon :
« - Oh ! Eh ! Toi !
Tu vas me le lâcher le croupion
… ou quoi ? »
Stupéfaite, la petite bête
mit un certain temps à réaliser
que c’était bien elle … l’interpellée !
Ne se démontant pas,
repiquant sauvagement encore une fois,
elle répondit tout de go
à son garde-manger de cabot :
« -Tu es chien et je suis puce,
nous avons été créés
pour que je te suce !
Le monde est ainsi fait :
ne prends pas cet air abruti et stupéfait ! »
Le cabot, penaud,
ne pipa plus mot !
Un chat qui passait par là,
un chat de bon aloi, ma foi,
réfléchit et se dit :
« - C’est pourtant vrai
ce qu’elle dit … l’emmerdeuse !
Si le bon dieu existe,
c’est lui qui a tout conçu !
Et la puce et le chien et son cul !
Il a tout organisé,
tout sorti de sa liste :
ce ne doit pas être un type triste !
Avoir créé un chien, son cul
mit une puce dessus
et lui avoir refilé comme mission
… de lui bouffer le croupion !
Ce n’est pas, ma foi,
de l’improvisation !
Je ne connais pas ce type là,
mais quand on voit ça,
on peut dire sans trop de risque d’erreur
que le bonhomme doit être
… un sacré déconneur !
Rotpier
La fable du jour: " Le poète, le calva et la crôa-meuh, " une fable de vacances de ... Rotpier
Fable de vacances
Le poète, le calva et la crôa-meuh,
En séjour à cheval entre Mayenne et Orne
- Je parle de frontière et non de l’art équin ! -
où le cinquante et un plante très fort sa corne
dans le tout bas fessier du vert soixante et un,
dans un gîte au milieu d’un écrin de verdure
abritant un ruisseau appelé « le Cadin »
et deux jolis étangs aux plaisantes bordures,
paradis pour poissons mais aussi ragondin,
je savourais le calme au milieu du bocage
en savourant aussi un délicieux nectar :
un très vieux calvados, de ceux griffé « hors d’âge »
dont il faut se méfier car après c’est trop tard !
Je n’étais pas du cru et j’ignorais la chose,
je ne le sus qu’après et bien à mes dépends :
à la demi-bouteille on voit des lapins roses
et encore bien plus : un foutu guet-apens !
J’avais très largement dépassé la limite
quand je vis apparaître au beau milieu de l’eau,
une drôle de vache à l’allure insolite :
une peau presque verte et de très grands sabots !
Mais plus étrange encore étaient les larges palmes,
bien tendues au milieu des ongles écartés,
ajoutez à cela que d’une voix très calme
elle m’apostropha vraiment au débotté !
« - Crôa-meuh le péquin, t’as jamais vu de vache ?
T’as les yeux ressortis - c’est un vrai cauchemar ! -
on dirait en moins frais le regard d’un potache
au milieu du salon d’un cossu lupanar !
- Heu … ce n’est pas très courant la couleur de ta robe
et en plus de cela tes ongles sont palmés !
Avec ta longue langue, à trois mètres tu gobes
les mouches en paquets : là j’en suis assommé !
- Bon, je vais t’expliquer : avant j’étais grenouille
et un jour, par hasard, j’ai ouvert un bouquin
« Fables de La Fontaine » - Oh ! Là là quelle trouille ! -
moi qui voulait grossir comme vache du coin !
Pas question d’exploser en me gonflant la panse,
il fallait que je trouve un tout autre moyen,
à ce moment précis, je sentis la présence
de quelqu’un dans mon dos : c’était un magicien !
Il semblait très sérieux et de grande prestance,
j’exposais mon dilemme et il me rassura :
« Pas de souci pour moi, c’est dans mes compétences :
un seul coup de baguette et après tu verras ! »
Mon orgueil eut raison de ma grande méfiance
et je ne tardais pas à donner mon accord,
j’aurais du me méfier, limiter ma confiance,
ma grande vanité à bien scellé mon sort !
L’hésitation très claire au moment des formules
et le coup de baguette encore plus foireux
ne pouvait que donner résultat ridicule :
mi-vache mi-grenouille et tu l’as sous les yeux !
- Je me disais aussi qu’il y avait embrouille !
Un animal pareil, ça ne peut se trouver
- à moins que mon cerveau ne se barre en quenouille ! -
que dans un scénario de dessins animés ! »
Pour le coup la bestiole éructa de colère :
« - Dis donc toi le nabot, faudrait pas attigé,
quand je vois ton allure et ta tronche primaire
je me dis que le nul t’a aussi bien piégé !
Tu devais être un singe avant votre entrevue,
un singe qui voulait devenir un humain
et l’autre bon à rien, le roi de la bévue,
l’empereur des crétins t’a raté au la main !
C’est surtout ton cerveau, pas plus gros qu’un pois chiche,
qu’il a le plus raté, d’où ton Q.I. de vingt !
Tu fais bien de garder très longue ta barbiche :
tu dois être en dessous, pas très loin du babouin ! »
Sur ce la crôa-meuh disparut sous la flotte
me laissant tout pantois, pas bien loin du couillon,
en voulant me lever je fut pris de tremblote,
ne voyant plus le bord, je tombais au bouillon !
Le réveil fut brutal : je sortis de mon rêve
toussotant et crachant l’eau fraîche du Cadin,
un peu de sang aussi, provenant d’une lèvre
fendue sur un rocher - Oh ! Le fameux gadin ! -
Je restais tout pensif, me grattant la barbiche,
l’esprit bien embrouillé par l’abus de calva
et puis les bras ballants et en traînant les miches,
je regagnais mon arbre en grommelant tout bas !
Montage de Rotpier
Première moralité :
Le calva c’est très bon, mais à petite dose,
au-delà, c’est certain, ça complique les choses !
Deuxième moralité :
Tout être sur la terre mérite le respect,
mieux vaut dans tous les cas rester très circonspect,
car, façon boomerang, les basses moqueries
nous reviennent toujours en justes vacheries !
Rotpier
Fable, non de La Fontaine, mais de ... Dupuis quand même ! " Froufroutement "
Quand elle avait croisé sa route,
il avait tout de suite su
et cela sans le moindre doute
qu’il n’aurait jamais le dessus.
Il est des femmes qui envoûtent
dont on ne peut qu’être mordu
et la raison qui s’arc-boute
ni peut rien : c’est du temps perdu !
Il suffit qu’un jupon froufroute
pour que certains s’avouent vaincus
et si la gazelle en rajoute
leur horizon devient son cul !
Après avoir fait banqueroute
- pour elle il avait tout vendu ! -
on le retrouva sur les routes
et un matin raide pendu.
Moralité :
Quand un jupon, par trop, froufroute,
un seul conseil - mais absolu ! - :
au plus vite tailler le route
unique chance de salut !
Pierre Du puis
Pour J.C. qui doit allonger ses temps de pose sur son banc, le poème du jour : " Le poète, le banc et la grenouille, " de ... Rotpier
Fable dédiée à mon ami J.C.
Le poète, le banc et la grenouille,
Un poète, endormi sur un banc, bien calé,
rêvait en souriant à ses amours passés.
Sourires entrecoupés de sanglots et de larmes,
esquisse d’un tableau d’un indicible charme.
Une verte grenouille en passant devant lui
s’arrêta doucement et s’installa sans bruit.
Observant avec soin les détails de l’image
Elle s’écria d’un coup : « mais pour sûr ! C’est un mage ! »
Elle fit un grand bon pour sauter sur le banc,
bien plus qu’il n’en fallait et se retrouva - vlan !-
sur les genoux offerts du rêvassant poète,
le réveillant d’un coup : chose , pour le moins, bête !
Un échange, tantôt en croaque,
tantôt en vers lents,
s’établit aussitôt !
Lui :
« Halte-là la bestiole ! Aurais-tu disjoncté !
Je te le dis tout net, ait la grande bonté
de dégager de là sans perdre une seconde
avant que je ne sois d’une humeur furibonde ! »
Elle :
« Ne devines-tu pas un appel du destin ?
Je suis sur tes genoux : c’est un signe certain !
Un vil ensorceleur m’a changé en grenouille,
mais je suis une femme : annule cette embrouille !
Je le sais, tu le peux, tu es un magicien,
tu assembles tes vers en très grand praticien !
Si, du bout du crayon tu effleures ma tête,
je redeviendrais femme au lieu de cette bête !
Je saurais m’acquitter du service rendu :
tout ce que tu voudras et même encore plus !
Accepte le marché, tu ne seras pas dupe :
tu seras remercié, pour le moins au centuple ! »
Le poète ébaubi … plutôt dubitatif,
se mis à réfléchir en se grattant les tifs !
« Je ne vois pas de risque à tenter l’expérience,
à exaucer son vœu - bannissons la méfiance !- »
Jusque là silencieux, le banc l’interpella :
« Attention mon ami, je sens mal ce coup là !
Je te connais très bien de dos comme de fesses :
tu n’as jamais su dire un « non » franc aux gonzesses !
« Ça va bien toi le banc, garde donc tes conseils
pour les petits jeunots, je suis d’âge vermeil !
Je sais ce que je fais: tais-toi, je t’en conjure ! »
N’écoutant pas le banc, il tenta l’aventure !
Sur la tête il posa le bout de son crayon
… le ciel s’irisa en milliers de rayons !
Ebloui un instant, il retrouva la vue
pour voir sur ses genoux une fille non nue !
Une fille sans âge aux habits vieux et noirs,
à la mine revêche, autant qu’un urinoir !
A l’amabilité de ces vieilles concierges
qui n’ont jamais connu autre chose qu’un cierge !
Jetant l’engeance à terre en criant : « c’est du vol !
C’est de l’arnaque en vrac ! C’est vraiment pas de bol ! »
Il faillit s’étrangler et la prendre au collet
quand il vit à ses doigts… horreur ! … un chapelet !
Il venait bêtement, lui, le païen, l’impie
de délivrer - punaise ! - une de sacristie !
Une vieille bigote à l’avachi bustier :
véritable grenouille… oui ! mais de bénitier !
Tout à fait ulcéré il sortit de son sac,
un flacon aplati qu’il prit par le colback
et se mit en devoir, pour noyer son remord
de le vider cul sec pour se saouler à mort !
Moralité :
Premier enseignement :
Les bancs sont des experts en matière de bougresses,
ils connaissent les femmes et encor’ plus leurs fesses !
Leurs rapports sont intimes : ils savent leurs secrets,
ils pourraient faire des livres accrocheurs à souhait !
Second enseignement :
Si une grenouille ou une femme, mon garçon,
vient à sauter sur tes genoux, sans plus de façon,
sauves-toi le plus loin possible et fais attention :
surtout - surtout ! - : laisse bien de coté ton crayon !
Pierre Dupuis
Déjà publié !
Madoff : une affaire en or pour ... le Rotpier! La fable du jour: " Il voulait se les faire en or, "
Il voulait se les faire en or,
Il voulait se les faire en or :
plus de deux chiffres d’intérêts !
Il lui fallut trouver alors
un gars très fort sous le béret !
Presque tout son fric à placer,
il l’avait confié à Madoff,
un financier très bien coté
beaucoup plus gonflé qu’un kouglof !
Ce gars là s’est fait magicien,
deux ou trois tours de passe-passe,
des intérêts et puis plus rien :
un tour vraiment de grande classe!
Moralité :
Plus on est riche et plus on veut
des intérêts toujours plus forts,
mais c’est parfois jouer au feu
et ne plus se les faire en or !
Remarque sur cette moralité :
Mais il faut relativiser :
déjà, les avoir en argent,
c’est beaucoup mieux qu’en vieux pisé*
qui se délite avec le temps !
Pierre Dupuis
* Souvent d'ailleurs, derrière le mur, le vieux pisé sent l’urine …si !
Epargne envolée: la fable du jour " Le vieil écureuil, le jeune écureuil et les malheureuses fourmis " de ... Ropier
Fable
Le vieil écureuil, le jeune écureuil
et les malheureuses fourmis,
Un très vieil écureuil à la queue retombante
avait dû renoncer au travail qu’il aimait.
Un travail très prenant, une tâche absorbante :
mettre en sécurité les biens qu’on lui confiait.
C’était il y a fort longtemps …
Ses voisines fourmis ayant vu tout le zèle
qu’il mettait à garder ses provisions d’hiver,
voulurent devenir fidèle clientèle
de ce sage animal au tout roux pull-over.
Flatté par la confiance, il s’écria : « Mazette !
Je me montrerais digne et même je l’écris :
je m’engage envers vous et pour quelques noisettes,
vos provisions seront toujours bien à l’abri ! »
Bien des années passèrent
et tout alla très bien,
les ennuis commencèrent
quand il passa la main !
Devenu bien trop vieux pour assumer sa tâche,
il fut contraint un jour à prendre successeur,
un jeune congénère à la queue en panache,
ne tenant pas en place : un vrai vibromasseur !
Négligeant tout conseil, ignorant la sagesse,
le jeune freluquet en voyant le magot,
s’empressa de se dire : « voilà qui m’intéresse,
je vais me les remplir et j’y vais tout de go !
Je vais prêter ces fonds et par ici l’oseille !
Le vieux était prudent mais il a gagné peu,
je vais au moins tripler et ce sera merveille,
les très bêtes fourmis n’ y verront que du feu ! »
Engageant sur le champ, en un pari stupide,
en grande quantité les réserves en stock,
vite il se retrouva avec le grenier vide,
pour les pauvres fourmis, ce fut vraiment le choc !
La faute étant très lourde, il fut mis à la porte !
On nomma vite fait un tout nouveau gardien,
avec comme objectif : « Surtout ce qui importe
c’est que les provisions restent bien sous nos mains ! »
C’est une vérité
qui s’applique aux ménages
et la moralité
vient au bas de la page !
Moralité :
Quand on est jeune avec la queue tout en panache,
on gamberge moins bien qu’une vieille ganache !
Donc …
Que l’on soit demoiselle, humaine ou écureuil,
il faut en tenir compte au tout premier clin d’œil !
Il faut savoir choisir - c’est un vrai casse-tête ! -
entre le beau panache ou les sûres* noisettes !
Pourtant … pourtant ! Philosophie oblige :
Mais je suis bien conscient que les belles jeunesses
vont me dire aussi sec : « Occup’ toi de tes fesses ! »
Philosophe je sais qu’elles ont bien raison :
mieux vaut ne jamais ouïr ** les conseils d’un vieux con !
Pierre Du puis
* Là, l’accent circonflexe fait toute la différence !
** Ici, il faut bien prononcer !
/image%2F1488940%2F20260515%2Fob_0f951c_caricature-ia-le-rotpier.jpg)










