poesie
Le poème du jour : "L'espoir " de ... Rotpier
L’espoir,
Quand on a tout perdu,
quand l’existence est morne ;
que l’on s’est morfondu
bien au-delà des bornes :
Il arrive souvent !
Parfois sans crier gare,
amené par le vent,
ou bien des formes rares.
Au bas d’un pantalon :
c’est un chat qui se frotte !
Un souffle d’aquilon
qui te siffle une note !
Le rire d’un enfant
devant la mappemonde !
La terre alors vraiment
recommence sa ronde !
Mais …
Comment se nomme-t-il
ce faiseur de miracle ?
Cet esprit volatil,
distillateur d’oracle ?
Tout simplement : « l’Espoir ! »
Fini le laminoir !
Tu retrouves l’envie,
tu n’es plus dans le noir :
… tu retrouves la vie !
Et … à ton tour …
Si tu jouais au chat,
ou bien au vent qui danse ?
Entre deux entrechats
tu serais « Providence ! »
Tu deviendrais … semeur d’espoir !
Pierre Dupuis
Le semeur de Millet : image prise sur le net
Le poème du jour: " Choix bien pesé, " de ... Rotpier
J’ai toujours détesté les gens qui savent tout : les « y a qu’à !», les « faut qu’on !», les « pour moi, pas de doute ! »
les « moi j’aurais fait ça ! » sans oublier surtout ceux qui, bien mieux que vous, connaissent votre route !
Pierre
Déjà publié ?
Choix bien pesé,
Vous aviez mis longtemps à bien tout soupeser,
abondant les plateaux du « pour » et puis du « contre » ;
le travail terminé, le choix s’est imposé
regard sur la balance : un verdict sans encontre !
… de peu quand même !
Et …
vous avez eu – malheur ! – l’imprudence coupable
d’en parler à un tiers afin de vérifier
que votre décision n’était pas contestable !
Prenant le contre-pied de vos choix de plateaux
avec une assurance à vous donner envie,
la personne arriva, comme on coule un bateau,
à vous faire douter de la route suivie !
Alors ...
Il ne vous restait plus qu’à tout recommencer,
avec bien plus de mal à charger la balance :
coté « pour » ? … coté « contre » ? encore influencé
par le « je connais tout ! » facteur de turbulences !
Heureusement pour vous,
le choix premier s’imposa de nouveau !
Moralité :
Pour quérir un avis - quand vraiment il le faut ! –
adressez-vous plutôt aux personnes modestes,
conseillers mesurés - ce n’est pas un défaut ! –
les autres sont à fuir … à fuir comme la peste !
Pierre Dupuis
Le poème du jour : " Un manteau pour deux, " de ... Rotpier
Un manteau pour deux,
Quatre bouts de carton,
en rempart inutile,
sous un froid de saison
dans une zone hostile.
Le croûton racorni
la boite de sardines
le litron pas fini
la vieille gabardine.
Geignements étouffés
du vieux chien en détresse
aux poils ébouriffés
sous la neige traîtresse.
La valse des flocons
redoublant de cadence
et le vent pour de bon
qui entre dans la danse.
Ils sont là, ils sont seuls,
l’un se tait l’autre pleure,
doucement le linceul
épaissit d’heure en heure.
Tout est calme à présent,
tout semble moins féroce.
C’est joli, c’est plaisant
ce manteau avec bosse.
Sous un avril radieux
ils referont surface,
les deux seront taiseux
… un rictus à la face.
Pierre Dupuis
Tu descends ou tu te balances ... le poème du jour: "Spirale " de ... Rotpier
Spirale,
Selon le sens où tu la prends,
elle te hisse ou bien te broie ;
elle t’apprend, te désapprend,
dans les deux cas, toi, tu tournoies.
La tête en l’air, la tête en bas :
c’est là toute la différence !
c’est jour de fête ou de combat,
le goût sucré ou le goût rance !
Tout un symbole en un cliché :
toute l’image de la vie !
De bas en haut, prime moitié,
de haut en bas, l’autre asservie.
Rester en haut le plus longtemps,
est un pari, est un challenge !
Sachant qu’il est compté le temps
dès que tu es sorti des langes !
Plus tu restes de temps perché
et plus belle est ton existence,
mais un jour il faut décrocher :
tu descends où tu te balances !
Pierre Du puis
Le poème du jour: " Métamorphose " de ... Rotpier

J’étais en ce temps là, un explorateur des plus novices mais j’avais déjà la fibre aventurière.
Métamorphose,
Elle avait, sans secret,
un joli petit bouton rose
sur le nez !
Elle avait, en secret,
deux jolis petits boutons roses
aux bouts de ses nénés !
Et moi, plus tout à fait un saint,
j’avais obtenu un blanc-seing :
j’avais le droit
de m’amuser avec les trois
… les trois à la fois !
Trois petits boutons roses
c’est bien !
Pourtant … pourtant cela devient
un peu énervant à la fin !
Alors, passant à autre chose,
j’entrepris de faire l’inventaire
de tout ce qui pouvait être rose.
Et, pourquoi le taire,
j’ai découvert
une délicate,
une merveilleuse,
une somptueuse
variété de rose !
Rose, qu’aucun papillon
n’avait jamais butiné.
Alors, instinctivement,
innocemment polisson,
je m’appliquais avec délectation
à ma métamorphose :
je devins … papillon !
Pierre Dupuis
Le poème du jour : " Le marginal " de ... Rotpier
La marginalisation n'est concevable que dans la mesure ou elle est volontaire et réfléchie. C'est alors un acte de liberté totale. Toute marginalisation dépendante ou induite est inacceptable.
Pierre
Déjà publié ( l'un des premiers mis sur ce blog )
Image du net modifiée
Le marginal,
Je ne ressemble pas au commun des mortels,
Je ne suis pas un fou: respectez ma folie !
A cette société plus rien ne me relie,
Je ne suis pas fait pour rejoindre le cheptel.
Je ne suis pas partant pour adorer l'autel,
D'un quelconque système et en bloc je renie,
Le fait de me lier à toute troupe unie:
Je suis un cas à part, prenez-moi comme tel !
Je dérange bien sûr, quand, parfois on me sonne
Et qu'on m'entend clamer: "Je n'y suis pour personne ! "
Pour rentrer dans le rang, ne plus vous accablez,
Dois-je mettre à l 'index le gros de mes méninges ?
Pour imiter la foule afin d'y ressembler,
Dois-je me transformer en un vulgaire singe ?
Pierre Dupuis
Etretat, source d'inspiration pour: " L'écume de l'amer " un poème de ... Rotpier
Préambule :
Etretat, ses falaises, sa porte et son aiguille …
Deux poèmes … bien différents l’un de l’autre!
Hier: la conversation … Aujourd'hui : l’écume de l’amer …
La photo est de Marie, celle qui laisse toujours sa fenêtre entr’ ouverte ( ça doit cailler chez elle en ce moment … surtout au vu de ses dernières photos ! ) Merci Marie !
http://boetschi.spaces.live.com
Après avoir gouté à " mes fadaises d'être tas "
Ah! ah! ah! ... que personne n'a relevé , je vous convie à gouter à
" L'écume de la mer " qui, je l'espère, ne vous donnera pas le hoquet ... OK ?
Et ne vous mettra pas le cœur à l'envers en vous faisant berger .......... il y a aussi des moutons d'écume ...
L’écume de l’amer,
C’était en mars soixante huit
… début ou fin ?... Trou de mémoire.
Une passion en déficit
infiniment attentatoire.
J’arpentais alors Etretat
et ses chemins et ses falaises,
où avaient résonné nos pas
jusqu’à ce que je lui déplaise.
Je ne sais toujours pas pourquoi
- brouillard aux yeux ? - j’ignore encore,
mais je me suis retrouvé là
devant l’aiguille en sémaphore.
Sur notre amour détricoté
j’ai versé des vagues de larmes,
cherchant la maille ayant sauté
sans déclencher la moindre alarme.
Sur un hoquet - le plus amer -
mon pauvre amour a pris la porte,
il est parti finir en mer,
c’est là que les vents les emportent.
Sur une abysse ou un haut-fond
se trouve un très grand cimetière
où les amours qui se défont
oublient le jour et la lumière.
Très lentement, pleins de rancœur,
ils se changent en actinies,
piégeant les corps, piégeant les cœurs,
des poissons jusqu’à l’agonie.
Pierre Du puis
Etretat … source d’inspiration … Le poème du jour : « Conversation de fil en Aiguille au pied de la Porte, » de … Rotpier
Préambule :
Etretat, ses falaises, sa porte et son aiguille …
Deux poèmes … bien différents l’un de l’autre!
Aujourd’hui : la conversation …Demain : l’écume de l’amer …
La photo est de Marie, celle qui laisse toujours sa fenêtre entr’ ouverte ( ça doit cailler chez elle en ce moment … surtout au vu de ses dernières photos ! ) Merci Marie !
http://boetschi.spaces.live.com
Conversation de fil en Aiguille
au pied de la Porte,
- Être clochard à Etretat
est un cauchemar qui me hante :
sur un trottoir tout comme un tas
sans même une toile de tente.
- A Etretat ? … Pourquoi mon gars ?
ce n’est pas une idée géante !
Va au pays du pastaga,
là-bas les nuits sont moins glaçantes !
- Si je deviens un jour clochard
autant que ce soit sur ma terre !
Et le calva, pour un pochard,
vaut bien l’anis : faut pas le taire !
Allez buvons dessous la porte
et puis tant pis pour notre état,
si nous ne bavons de la sorte
que des fadaises d’êtres tas !
Nous graverons dans le calcaire
des souvenirs de pochetrons :
l’aiguille creuse en reliquaire
des traces de nos libations !
Pierre Dupuis
Le poème du jour: " Terre et éthers, " de ... Rotpier
Terre et éthers,
Sous les premiers rayons d’un soleil un peu pâle,
La terre s’étirait exhalant ses odeurs ;
Des relents très divers, mélange de fadeurs,
Dont je connaissais bien la note principale.
J’allais le nez au vent en extase intégrale,
Mon esprit distillait les profondes senteurs,
Alambic naturel et annonciateur,
il donna son verdict : vérité cérébrale !
La vapeur s’échappant sur le haut des sillons,
N’était autre, à coup sûr, qu’un vaste échantillon
Du liquide que l’homme égrainait goutte à goutte
Quand, travailleur des champs, il s’usait au labeur.
La force du poète est de bannir le doute :
il montait des sillons des éthers de sueurs.
Pierre Dupuis
Déjà publié
Le poème du jour: " Ma jeunesse " de ... Rotpier ( suite )
Rappel:
La question est :
« Est-ce un poème autobiographique ? »
La réponse est :
« Oui, à cent pour cent, si l’on ôte les deux dernières strophes qui ne sontqu’une simple hypothèse sur la fin de ma vie »
Pierre
Photo prise sur le net, mais cela aurait pu vraiment être moi et ... pas en vacances !
Ma jeunesse,
Ma jeunesse ne fût qu’enfance solitaire,
je n’étais d’aucun clan car par trop passager.
Une attitude en fait pas vraiment volontaire,
mais j’y avais pris goût sans en être affligé.
Excepté les préaux et les classes d’école,
je précise bien « les » : j’en ai connu beaucoup !
Mon père était un simple ouvrier agricole,
du jour au lendemain nous partions tout à coup.
Ouvrier agricole et dans la hiérarchie,
le dernier des derniers : je veux dire vacher !
Un métier de forçat imposé par la vie,
sur lequel bien des gens s’empressaient de cracher !
Mais il avait appris, malgré les persiflages,
à aimer ce travail pourtant si éreintant :
des douze heures par jour et parfois davantage,
pas un jour de repos : congés inexistants !
Je savais tous les noms des vaches de l’étable,
sans même regarder les poussiéreux panneaux
qui les identifiaient de façon plus aimable,
mais elles avaient quand même, à l’oreille, un anneau.
J’étais un sauvageon - dans le bon sens du terme ! -
je passais la plupart de mon temps sans copains,
la campagne profonde, au beau milieu des fermes,
ne s’ouvrait pas très vite au tout nouveaux voisins !
Un autre fait, c’est sûr, me fermait bien des portes :
ma mère était sujette à des troubles mentaux,
j’étais catalogué - pas du tout de main morte ! -
en tant que fils de folle à éviter sitôt !
J’avais acquis très vite - obligé par l’affaire ! -
l’art de savoir cogner sans faire de cadeau :
il m’arrivait souvent de devoir me défaire
de deux ou trois garçons m’ayant pris en étau !
J’avais un faible pour les grands coups de savates
et pas mal « d’ennemis » repartaient en boitant,
je dégustais moi-même et gardais les stigmates
de quelques coups vachards non contenus à temps !
Si l’on ne m’aimait pas, on me laissait tranquille
après que j’eu montré que je rendais les coups,
l’efficacité seule accréditait mon style :
faire mal aussitôt tout en restant debout !
J’aurais pu m’enfermer dans cette étroite sphère,
ce cocon personnel ou l’on se sent très bien,
l’adolescence vint et me tira d’affaire,
entraîné que je fus par l’horizon pubien.
Délicieux horizon qui me remit en selle,
aiguillon très actif pour les rapprochements :
je restais aux cotés de ceux - surtout de celles ! –
qui ne me fuyaient plus aussi farouchement !
Oublié les oiseaux, les champs et puis les vaches,
on ne peut pas tout faire en attrapant quinze ans,
on a beau s’attacher à faire le bravache :
un seul jupon déjà nous prend beaucoup de temps !
Et c’est ainsi que j’ai rompu ma solitude,
je ne regrette rien, il faut frotter sa peau,
quand on est invité avec sollicitude,
on ne peut qu’acquiescer : j’ai rejoint le troupeau.
Peut-être bien qu’un jour j'ôterais mes poucettes*
pour retrouver mes champs, mes vaches, mes corbeaux,
et que je finirais ma route en vieil ascète
avant que de pourrir au fond de mon tombeau !
Pure spéculation ou fantasque hypothèse ?
Personne ne peut dire, à moins d’être devin,
ce que sera demain, où en seront mes thèses,
partant de ce constat : se pointe le mot … fin !
Pierre Du puis
* Poucettes = menottes en argot
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