poesie
Confessez-vous et allez en paix, même avec les pires péchés sur la conscience ! Le poème du jour : "Confession peu banale d’un vieux … confessionnal ! " de ... Pierre !
vous êtes ... pardonnés !

Confession peu banale
d’un vieux … confessionnal !
Si je suis tout en bois,
je ne suis pas de bois !
Je vous dirais ma foi
que j’ai perdu la foi !
Abritant en confesses
de drôles de bougresses
oscillant en souplesse
entre messes et fesses :
J’ai fini - je le dis ! -
par être très instruit
sur les grands interdits
touchant au bigoudi !
Ah ! j’en ai vu passer
quelques uns de curés !
Célibat enduré
ou bien lit partagé !
Dame de compagnie,
simple bonne ou amie ?
carrément bonne amie,
dans le lit endormie !
Presbytère occupé
par rejetons d’abbé :
pas généralité
… pas non plus rareté !
Des bouffeuses d’hosties
hantant les sacristies,
oeillades garanties
pour de fines parties !
« Mon mari est absent
pour un travail pressant :
le lit est bien trop grand
et je m’ennuie dedans ! »
Et voilà - rebelote ! -
l’ aquicheus’ de calotte
mini jup’ ras de motte
avec ou sans culotte !
Mais les péchés de cœur
sont pour moi des liqueurs
quand j’entends les horreurs
de certains dits - d’honneur ! -
Le cul a ses faiblesses
et quand les mains caressent
d’un peu trop près les tresses
ça glisse vite aux fesses !
De tout ça j’en rigole :
ce n’est que gaudriole !
Ce qui vraiment m’affole
c’est les types qui violent !
Venez tous les pécheurs !
Venez tous les tricheurs
Venez les débaucheurs
et aussi les violeurs !
Venez en ribambelle,
la repentance est belle !
Quelques soient les gamelles :
virginité nouvelle !
Venez tous les banquiers,
tous les grands financiers,
les plumeurs d’ouvriers :
vous serez pardonnés !
Venez les politiques,
c’est le coté pratique :
promesses mirifiques
et … pas d’autocritique !
Venez les malfaiteurs,
venez les dictateurs,
tous les exécuteurs,
les bourreaux, les tueurs !
Venez en ribambelle
la repentance est belle !
Deux sous dans la coupelle
et la vie éternelle !
Deux pater, trois avé
« merci Monsieur l’ curé,
ça va mieux vous savez
depuis qu’ j’ai plus d’ péchés !
Allez, à la prochaine,
ma croyance est certaine,
je viendrai en neuvaine :
c’est vraiment une aubaine ! »
Et moi tous ces aveux
me rendent cafardeux
et plus d’un jour sur deux
je me foutrais le feu !
Les flammes seraient belles,
terminé les chapelles,
les vieilles, les nouvelles
qui poussent en kyrielles !
Toutes les religions
accordent le pardon
sur simple invocation
et repentir bidon !
Halte à l’hypocrisie !
Halte aux fautes blanchies !
A bas les homélies
et autres conneries !
Je voudrais m’immoler
pour que le monde entier
arrête de prier
des dieux tous inventés !
Pour certains bien pratique
pour asseoir leurs boutiques
qu’elles soient politiques
ou des plus mercatiques !
Les sermons orientés,
les versets détournés,
les peuples abusés
par des prêcheurs roués !
Je n’en peux plus de vivre,
de tout ça j’en suis ivre
je veux qu’on me délivre :
je veux fermer le livre !
Le seul dieu : c’est la loi,
que l’on soit humble ou roi !
C’est à ce prix, je crois,
que reviendra ma foi
en … les hommes !
Pierre Dupuis
Le sonnet-fable bien sonné du jour : "Juste retour de baston," de ... Rotpier
Si la justice des hommes a parfois des ratées, la divine me semble être dans son rôle quand elle se mêle de ce genre de chose !
... Et pis c'est tout !
Image du net
Juste retour de baston,
C’était une belle charogne,
Une mégère, un vrai dragon,
Tous les jours sortie de ses gonds :
Pas un seul sans qu’elle ne grogne !
Elle voulait tout à sa pogne
Et usait tous ses compagnons
À coup d’insultes et de gnons :
Pas un jour sans qu’elle ne cogne !
Mais celui-ci, pourtant petit,
Rendait tout avec appétit :
Il forçait même sur la dose !
C’est elle qui prenait des pains,
On la retrouva un matin
Morte de coups par overdose !
Moralité :
Homme ou femme on trouve son maître
Tôt ou tard et c’est mérité,
Ceci est une vérité
Que l’on doit bel et bien admettre !
Mieux vaut que la justice passe,
Je parle de l’institution
Mais la divine en solution
N’est pas chose qui me tracasse !
Rotpier
"Séchez vos pleurs avant que vos yeux ne se fanent," Un sonnet qu'un au revoir à la jeunesse ... par ... Pierre
Un petit clin d’œil à Ronsard dont les sonnets
n’ont pas pris trop de rides !
Pierre
Images du net
Séchez vos pleurs avant que vos yeux ne se fanent,
Vous êtes, Madame, une fleur
Dont la fraîcheur s’en est allée.
Votre beauté inégalée
A bien perdu de sa splendeur.
Plus de guetteurs, plus de siffleurs.
Quand vous marchiez dans les allées
Ils suivaient tous votre foulée
Et leurs regards étaient frôleurs !
Ne soyez pas par trop morose,
Ne rêvez pas métamorphose,
Il faut en faire votre deuil.
Arrêtez de verser des larmes
Vous pouvez plaire encore à l’œil :
Les fleurs séchées gardent du charme.
Moralité :
Il faut bien assumer son âge,
Ne pas tricher avec sa peau :
Épiderme lisse et vieux os
Ne font pas du tout bon ménage.
Gardez toujours votre sourire
Et vos rides s’en souviendront,
Bien plus belles elles seront :
Souvenez-vous bien de mes dires !
Pierre Dupuis
Alzheimer: le poème du jour: "En désapprenance" ... de ... Pierre
Pour faire écho à dimanche dernier qui était la journée consacrée à la maladie d’Alzheimer …
Image du net
En désapprenance,
Dans son regard … rien que du vide
… même en cherchant … plus un ressort.
Ses yeux, autrefois si limpides,
si pétillants … là, quasi morts.
Et il se tient en face d’elle,
la regardant … mains dans les mains,
yeux dans les yeux … plus d’étincelle
… la grande peur du lendemain.
Tout au début, rien de bien grave,
dans la mémoire, des petits trous,
pas de quoi en faire un conclave,
quelques oublis de rendez-vous.
« Tu te souviens du nom d’Octave ?
Où ai-je mis mon grand fait-tout ?
Tiens, elle est ouverte la cave ?
… J’avais pourtant mis le verrou … ? »
Et puis un jour en promenade,
plus d’une heure à tourner en rond
et les jambes en cotonnade :
« Mais où se trouve la maison ? »
A reculons, elle consulte,
le verdict tombe :il est amer !
Ça claque pire qu’une insulte :
les faits sont là : c’est Alzheimer.
Après c’est la dégringolade :
l’esprit, les sens, en flottaison.
Une mémoire en marmelade
et des atteintes à la raison.
Et les visages qui s’effacent,
de mois en mois, de jour en jour.
Des souvenirs, plus une trace :
un grand désert et rien autour.
Et lui est là, tout en souffrance,
n’y pouvant rien que de pleurer,
témoin de la désapprenance
de l’être cher… tout apeuré.
Pierre Dupuis
" Le moulin de la Boulaye " : le poème du jour de ... Pierre !
Allez, je vous propose un petit devoir de vacances !
Poème écrit sur place, dans le moulin, en Bretagne, dans le Morbihan pour être précis ( à Pluméliau à 12 Km de Pontivy )
A Madame et Monsieur Kervarrec
qui ont restauré, avec beaucoup de goût
et d’authenticité, le moulin de la Boulaye.
Le moulin de la Boulaye,
« Ah ! Vieux moulin tu as tourné,
tourné, tourné et retourné ;
la force de l’eau sur tes pales
était ton énergie vitale !
Les paysans des alentours
qui venaient à chacun leur tour
guigner ta belle mécanique
la trouvait vraiment fantastique !
Ils n’avaient rien vu de pareil
à ce formidable appareil,
qui pouvait moudre sans relâche
sans se fatiguer à la tâche ! »
Il fallait pour être meunier
réfléchir et savoir manier
une mécanique complexe
qui laissait bien des gens perplexes.
Tout l’art était de réguler
le débit pour faire tourner
la roue à la bonne vitesse,
ce qui demandait de l’adresse.
Selon le niveau de l’étang,
selon les caprices du temps,
il fallait surveiller l’étiage
et réagir sans cafouillage !
Et puis il y avait les grains
pour les bêtes ou le pétrin :
mouture grossière ou farine
pour les auges ou les cuisines.
Chaque fois c’était différent,
il fallait varier tout le temps,
bien affiner tous les réglages
du broyage et du tamisage.
Ajoutez qu’en plus du cerveau,
il fallait être aussi costaud :
les sacs de grains ou de farine
pesaient très lourd sur les échines !
Sans compter que dans le moulin
la poussière battait son plein,
c’était à peine respirable
rendant les poumons irritables !
Le danger était permanent
de se faire happer par les dents
des boulimiques engrenages
capables des pires carnages !
Même s’il aimait son métier
et son beau moulin le meunier
mourrait souvent bien avant l’âge
épuisé par tout cet ouvrage !
« Combien as-tu mon vieux moulin
usé de ces hommes enclins
à ne vouloir jamais se plaindre,
à faire le travail sans geindre ?
Puis un jour il est arrivé
quelque chose qui a scellé
ta disparition programmée
malgré ta grande renommée.
C’est la fée électricité
qui a très vite supplanté
toutes autres forces motrices
et s’est faite dominatrice !
Sont apparus les grands moulins
qui ont grignoté un à un
les petits sans aucun complexe :
tâche facile dans le contexte !
Au grand dam du dernier meunier,
tes engrenages, tes paliers,
sont entrés dans un grand silence
sans aucun espoir de relance.
Et le temps a pris tout son temps
pour ronger inlassablement
ta merveilleuse mécanique
en se moquant de tes suppliques !
Il a commencé par le bois
de ta roue et puis de ton toit,
s’attaquant ensuite à tes pierres
aidé des ronces et des lierres.
Tes arbres se sont descellés,
tes alignements décalés,
de ta mécanique complète
il n’est resté qu’un grand squelette !
Mais un jour vint, béni pour toi,
des gens ont réparé ton toit
pour que cessent tes avanies
te conduisant à l’agonie.
Ils t’ont redonné du cachet
de haut en bas et sans tricher :
ta mécanique est exposée
comme on le fait dans les musées !
Ta fonction a beaucoup changé
puisque tu sers à héberger
des gens qui viennent en vacances
et admire ton élégance !
C’est reparti pour très longtemps
et je sens que tu es content,
car même sans ta mécanique,
au temps tu peux faire la nique !
Il est possible – pourquoi pas ? -
que tu te rappelles de moi :
un vieux monsieur un brin poète
avec un chapeau sur la tête.
Un vieux monsieur qui t’a parlé
et que tu as su écouter
sans être étonné de l’affaire,
un vieux monsieur aimant les pierres.
Porte-toi bien mon vieux moulin,
tu m’enterreras c’est certain,
les hommes jamais ne revivent :
leurs forces sont beaucoup moins vives !
Si l’on peut les rafistoler
un peu quand ils sont très usés,
cela ne les prolonge guère :
la vie de l’homme est éphémère. »
Pierre Dupuis
Le poème du jour (un petit sonnet branché !) : "La vibrante nonne," de ... Rotpier
Bonjour à toutes et à tous !
Le Rotpier est de retour !
Je vous propose, pour démarrer tout en délicatesse, un petit sonnet branché qui vous fera peut-être vibrer ?
Il est tout frais tapé de ce matin !
Image du net modifiée par mes soins !
La vibrante nonne,
Toute jeune elle était entrée
Au couvent sans grande passion,
Elle avait subi des pressions
Et son âme était sinistrée.
Elle devait rester cloîtrée
Alors que la grande éclosion
De son corps en ébullition
Lui laissait les joues empourprées !
Un jour de la fin février
Elle alla voir le jardinier :
« Je t’en supplie, viens-moi en aide
J’ai vraiment le feu au valseur ! »
Il lui dit pendant le remède :
« Bon dieu ! Que tu vibres ô ma sœur ! »
Moralité … si ! Il y en a une !
Une nonne n’est qu’une femme,
il suffit de bien la brancher
pour qu’elle soit tout feu tout flamme
et qu’elle se mette à vibrer !
Rotpier
Cézanne, "Le buveur" vu par Pierre ...
Après le fumeur ( http://rotpier.over-blog.com/article-le-fumeur-de-paul-cezanne-vu-par-pierre-double-sonnet-119631675.html ) voila « Le buveur ».
Je suis un peu les deux à la fois mais … avec modération !
Le buveur,
Où en est-il de ses pensées ?
Où en est-il de l’alcool bu ?
Ce n’est pas son premier abus,
c’est une longue traversée.
.Pour quelle cause ou quelle femme
en est-il arrivé à ça ?
Pourquoi a-t-il franchi le pas
qui passe du plaisir au drame ?
Il n’écluse que du vin rouge,
un vin de piètre qualité
mais il en boit en quantité
et toujours dans le même bouge.
Il arrive par la grand route,
personne ici ne le connaît,
certains le disent polonais
mais tout le monde est dans le doute.
Il passe des journées entières
à boire sans paraître soûl,
le soir il tient toujours debout
quand il salue la gargotière.
Jamais il ne parle à personne,
avec sa bouteille il est seul,
il le sera jusqu’au linceul,
jusqu’à ce que la mort le sonne.
Alors sa place sera vide,
les tâches rouges sur le bois
disparaîtront au fil des mois
tout comme cet homme impavide.
Il est possible que la table
se souvienne longtemps de lui,
qu’elle ait eu sans faire de bruit
une relation incroyable !
Le simple contact de son coude
a peut-être été suffisant
pour que des liens fort apaisants
entre lui et elle se soudent !
Les objets savent bien des choses,
ils sont détenteurs de secrets,
mais ils sont tout à fait discrets
et savent garder bouche close !
Il arrive que les poètes
s’en fassent de très bons amis
et il est couramment admis
qu’ ils fassent de longues causettes !
Pierre Dupuis
" Le fumeur " de Paul Cézanne vu par ... Pierre ... double sonnet !
Préambule :
Le personnage peint par Paul Cézanne n’est peut-être pas celui que je brosse au travers de ce double sonnet, mais il aurait pu l’être … il n’y a pas de fumée sans feu.
Pierre
Paul CEZANNE 1839-1906
- "Le Fumeur" ou "L'Homme à la pipe"
- Huile sur toile 92 cm x 73 cm
- Peint vers 1895
- Localisation: Moscou, musée Pouchkine
Le fumeur
ou
Il n’y a jamais de fumée sans feu,
Sonnet premier :
La pipe songeuse à la bouche,
la tête calée dans la main,
il ne pense pas à demain :
avec son passé il s’abouche.
Il revoit la sainte-nitouche
qui avait croisé son chemin,
regard hardi, bouche carmin,
qui ne valait pas sa cartouche.
Elle l’avait embobiné,
séduit, trompé et puis ruiné,
conduit tout droit à la galère.
Simple justice pour le coup
quand lors d’un sursaut de colère
il lui avait tordu le cou.
Sonnet second:
C’est pour la faire disparaître
qu’il avait allumé un feu,
lui le calme, le grand taiseux
qui ne laissait rien transparaître.
Pas disposer à comparaître
ni à faire le moindre aveu
pour cet acte délictueux
mais juste il faut le reconnaître.
C’est ainsi qu’il jugeait le fait,
pas de faute, pas de méfait,
juste une question de principe.
Depuis ce jour - plus de dix ans ! -
il s’était remis à la pipe
trouvant son nuage apaisant.
Pierre Dupuis
Le poème du jour : "Mon ami le mur," de ... Pierre
Aujourd’hui : pas de coffrages et pas de béton pour moi !
Les dictons du jour :
« C’est au pied du mur qu’on voit le maçon »
Et aussi :
« C’est au pied du mur qu’on voit le garçon »
Bonne chaude journée à tous… au pied du mur ou pas !
Image du net
Mon ami le mur,
En lui faisant la courte échelle,
je n’étais pas très innocent,
j’avais vu que la demoiselle
avait un beau tempérament !
Le tissu de sa minijupe
était vraiment très riquiqui,
elle en était - pour sûr ! - pas dupe
et en dessous c’était exquis !
J’ai cultivé la maladresse
faisant semblant de la lâcher,
ma main a glissé sous ses fesses
et a rampé sans la fâcher !
Poussant plus loin mon avantage,
j’ai vérifié qu’elles étaient deux !
Quant à leur ligne de partage :
j’ai failli me crever les yeux !
Nous avons perdu l’équilibre,
le mur que nous voulions franchir
nous a glissé : « Vous êtes libres,
il vous reste à vous affranchir ! »
C’était un mur plein de sagesse
qui connaissait les amoureux
et à son pied la mousse épaisse
formait un lit des plus moelleux !
;
Nous cultivions l’obéissance
- il fallait bien obtempérer ! -
nous avons fait mieux connaissance,
sans chercher à se modérer !
J’ai fait beaucoup de courte échelle
et le mur m’a toujours aidé,
quand je changeais de demoiselle
il ne semblait pas offusqué !
Mon vieux mur est toujours solide,
je viens le voir de temps en temps,
moi je ne suis plus si valide :
ma courte échelle a fait son temps !
A chacune de mes visites
il me dit invariablement :
« Tu n’amènes plus de petite,
ça me plaisait énormément ! »
Il est vraiment resté robuste
mais sa tête part à vau-l’eau :
Alzheimer ! Ce n’est pas juste !
Même les murs ont leurs fardeaux !
Un jour je viendrais le rejoindre
ne sachant plus très bien pourquoi,
en observant la lune poindre
nous n’auront plus le moindre émoi !
Il sera temps que je trépasse,
je ne veux pas de ces fauteuils
où l’on dépose, où l’on entasse
des corps déjà en demi-deuil !
J’aimerais bien que l’on m’enterre
au pied de mon fidèle ami,
un peu de mousse, un peu de terre :
qu’irais-je faire au paradis ?
Pierre Dupuis
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