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Le blog-notes poétique et autre de Rotpier

Saint-Saulge et ses légendes : la fable du jour "Fable Saint-Saulgeoise," ... de ... Pierre

20 Juillet 2011 , Rédigé par Rotpier Publié dans #Fable

 

 

Suite au billet précédant car, 

chose promise, chose due : la fable !

 

 

 

Photo prise par moi-même

 

 

Fable Saint-Saulgeoise,

 

 

 

Lors d’un séjour plaisant au gîte de Ranceau,

 

un tout petit hameau dépendant de Saint-Saulge,

 

commune de la Nièvre où les vaches pataugent

 

dés lors que dans les prés se trouvent des points d’eau !

 

 

 

Je me souviens qu’un soir, au gîte de l’étang,

 

après avoir goûté un vieux marc de bourgogne

 

… pour tout dire abusé car rien qu’à voir ma trogne

 

un pandore un peu simple aurait vu sur l’instant !

 

 

 

Dans un état second, je sortis faire un tour,

 

minuit avait sonné mais un grand clair de lune

 

éclairait avec faste et vigueur la commune

 

au point que l’on aurait pu se croire en plein jour !

 

 

 

Je me dois d’ajouter car c’est très important

 

pour que tout un chacun saisisse et appréhende

 

que j’avais le matin découvert les légendes

 

que l’on raconte ici depuis très très longtemps !

 

 

 

Commençant mon périple en contournant l’étang,

 

je tombais nez à nez avec deux gars bizarres,

 

drôles de pistolets que deux mondes séparent,

 

ils parlaient de fusils qui pousseraient dedans !

 

  

 

Laissant ces deux clampins en grande discussion

 

je croisais en chemin la silhouette brune

 

d’une ânesse buvant tranquillement la lune

 

qui se mirait dans l’iau sans plus de précaution !

 

 

 

Laissant la bourrique à son coupable forfait

 

- au risque de passer à la nuit la plus noire ! -

 

j’arrivais devant une étable où, fait notoire,

 

je vis une fillette au regard stupéfait.

 

 

 

Elle hélait ses parents : «Venez même nus-pieds !

 

Notre vache a mis bas un viau avec un casque !

 

Il tient une bouteille et il a l’air tout flasque,

 

on dirait qu’il ressemble un peu à un pompier ! »

 

 

 

Passant un peu plus loin à coté d’un prunier,

 

j’assistais médusé à l’extraordinaire

 

façon des gens d’ici de désigner leur maire :

 

celui qui choperait une prune en premier !

 

 

 

A la gendarmerie et ceint de son tambour,

 

le vieux garde-champêtre éduquait un pandore :

 

« Quand il y a un feu, je te le dis encore :

 

soit prudent mon garçon pour éviter les tours !

 

 

 

Laisse un homme sur place - et pas le plus crétin ! -

 

pour garder les clapiers et toutes les cellules,

 

c’est un conseil d’ami pas du tout ridicule

 

si tu veux retrouver prisonniers et lapins ! »

 

 

 

Continuant ma route et allant de l’avant,

 

je fus interpellé par le chef de caserne,

 

un capitaine heureux avec ses subalternes

 

de leur nouvelle pompe : un modèle innovant !

 

 

 

« Avec cet engin-là, nous seront efficients,

 

feu ou inondation, elle est très performante !

 

il faut dire qu’elle est aspirante-arfoulante

 

et qu’elle a un débit de haut coefficient !

 

 

 

Pour peu que les malheurs sachent prendre leur tour,

 

je veux dire en cela qu’ils ne soient pas ensemble :

 

pour deux feux une pompe et alors moi je tremble,

 

si on la coupe en deux, terminés les secours ! »

 

 

 

Après ce long échange et visant le clocher,

 

je repris mon chemin pour rejoindre l’église,

 

deux grands attroupements me causèrent surprise :

 

je fis un long détour afin de m’approcher.

 

 

 

Il y avait un grand branle-bas de combat :

 

des vaches de labour et des hommes placides

 

tiraient à chaque bout de cordeaux très solides

 

qui encerclaient l’église au niveau le plus bas !

 

 

 

De nature curieuse et voulant tout savoir,

 

je m’adressais de suite à une paysanne

 

qui n’avait pas un nez à boire des tisanes

 

et à qui il fallait deux chaises pour s’asseoir !

 

 

 

« Mais que ce passe-t-il ? Quel est ce lourd chantier ? »

 

« J’ cré bin mon bon Môssieur qu’ils déplacent l’église,

 

pourvu qu’ils la cass’ pas - Ah ! la drôl’ d’entreprise ! -

 

si jamais ell’ s’écroule où c’est qu’on va prier ? »

 

 

 

Passant à l’autre groupe et toujours fort surpris,

 

au pied du grand clocher je vis un trio d’hommes

 

qui grâce à un palan montait - il faut voir comme ! -

 

une vache meuglant en ballottant du pis !

 

 

 

Un fermier m’expliqua « Mon fieu dans tous nos prés

 

le fourrage est bin rare et sur le clocher l’herbe

 

a, vingt dieux, bin poussé et à défaut de gerbes

 

on va monter la vache et elle’ va tout bouffer ! »

 

 

 

Laissant ces gros travaux je repris mon bâton,

 

passant par la rue Thiers, je ne vis pas de verres

 

aux endroits éclairants de tous les réverbères :

 

seulement du fer blanc : j’en restais tout couillon !

 

 

 

 

Comme un gamin passait une fronde à la main,

 

il me dit en riant « Faut pas vous prendr’ la tête,

 

c’est à cause de nous, je sais c’est un peu bête,

 

on cassait les carreaux en un seul tournemain ! »

 

 

 

A l’hôtel de la lune et baluchon sur l’ dos,

 

un brave voyageur hélait la diligence,

 

le cocher en freinant lui dit plein d’obligeance :

 

« Il reste de la place entre deux gros ballots ! »

 

 

 

J’arrivais à la gare au plus affreux moment :

 

le tacot était là mais coincé sous ses roues,

 

un goret bien dodu de la queue aux bajoues

 

perdait le goût du pain dans de longs grognements !

 

 

 

Une vieille étouffait sous un flot de sanglots,

 

maudissant le progrès et toutes ces machines

 

qui portent le malheur et sont à l’origine

 

d’un bien sombre avenir que l’on verra bientôt !

 

 

 

Les râles du cuissot, le sifflet du tacot,

 

les grands cris de la vieille et le remue-ménage

 

me firent sursauter et me mirent en nage

 

en sortant de mon rêve aux accents très locaux !

 

 

 

Car j’en suis convaincu vous aviez deviné,

 

que ces vers défilant en folle sarabande

 

résultaient d’un cocktail d’alcool et de légendes

 

produit par mon cerveau pas mal alambiqué !

 

 

 

Moralité :

 

 

 

Le marc est un nectar dont il faut se méfier,

 

ne pas en abuser est la règle absolue,

 

ne pas la respecter est bien une bévue :

 

je tiens absolument à vous le certifier !

 

 

 

Maintenant si j’avais ce précepte suivi,

 

je ne vous aurais pas rappelé ces légendes,

 

alors de temps en temps je vous le recommande :

 

faites donc une entorse et buvez à l’envi !

 

 

 

Mais alors, pour le cas, plus question de volant !

 

A défaut de lapins nos gendarmes modernes

 

possèdent des ballons et sans être paternes,

 

ils nous forcent à souffler, ce qui est fort gonflant !

 

 

                                                         

 

                                                                             Pierre Dupuis

 

 

 

 

 

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M


C'est trop bon !


Tu devrais la proposer


au S. I. du canton.


Sûr qu'elle aurait du succès !


 



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R


 


 


Coucou Midolu !


 


 


 


C’est déjà fait !


 


Ainsi que pour la mairie


 


et la gendarmerie (j’espère que cela


 


ne va pas trop les gonfler … les gendarmes !)


 


 


 


Il ne me reste plus qu’à trouver l’adresse


 


électronique des pompiers !


 


 


 


Mais ayant pompier bon œil,


 


je pense que je vais trouver tôt ou tard !


 


Merci pour l'idée! 


 


Bonne journée !


 


 


 


Rotpier


 


 


 


http://rotpier.over-blog.com


 


 


 



M


Félicitations, j'adore la tournure


et l'accompagnement, même les fioritures !


Nul doute, je retiendrai légendes et fable,


et me rappellerai les illustrations délectables !


 


Merci ! A bientôt ... 



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R


 



Bonjour Midolu !



 



Merci beaucoup !



Je suis ravi que cela t’ait plu !



 



Ce sont des billets très longs à faire



mais de temps à autre, j’aime bien !



 



Bonne journée !



 



Rotpier



 



http://rotpier.over-blog.com