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Le blog-notes poétique et autre de Rotpier

Le poème du jour ( plutôt noir ... ) : " De puérile à sénile, la vie file, " de ... Pierre

19 Janvier 2021 , Rédigé par Rotpier Publié dans #Poésie

 

Ce poème n'est pas gai, je le reconnais, mais il illustre une dure réalité ...

La vie, c'est la vie: ce n'est pas tous les jours qu'on rigole,

parole, parole, ce n'est pas tous les jours qu'on rigole.

 

Images du net groupées

 

De puérile à sénile, la vie file,

 

Quand on est môme,

on veut devenir grand

mais ça traîne, ça traîne, c’est énervant !

 

Un jour, on choppe ses quinze ans

quinze ans c’est bon

même s’il faut engager la guerre des boutons !

Mais on n’est jamais content

et on attend ses vingt ans impatiemment !

Et ils arrivent en même temps que le régiment !

Là, on t’apprend à faire la guerre

pas celle des boutons : la vraie !

C’est pas beau la guerre

mais s’il faut la faire, autant savoir !

Encore que, maintenant la guerre

 soit de plus en plus une affaire de … boutons !

On tourne en rond !

 

Tranquillement tes trente ans se pointent

avec femme et enfants.

Trente ans, tu as encore bien du temps devant toi !

Mais les quarante arrivent et passent !

Les cinquante ans sont à l’horizon, menaçants !

Et paf ! Tu te les prends dans les dents !

Aïe ! Un demi-siècle ça fait mal !

Il est loin ton premier bal !

La moitié de ta vie

… pour peu que tu atteignes tes cent ans

car ce n’est pas écrit noir sur blanc

loin s’en faut : elle veille la tordue à la faux !

Après, ça file, ça file

comme le sang des hémophiles !

Les années déboulent et s’enfilent !

Que tu sois Ehpadophile ou Ehpadophobe

en pantalon ou en robe

tu as peu de chance d’y échapper à la boite à séniles !

Tu peux être tranquille !

Tant que tu peux te traîner encore un peu, ça va.

Mais quand tes cannes

 ne suivent plus, même avec des cannes,

tu es mal ! Drôle de bal !

Et là, tu recommences la guerre des boutons :

ceux sur lesquels tu appuies

pour que l’on vienne s’occuper de toi.

Les rouges, les jaunes ou les verts !

Les verts … couleur de l’espérance

et toi tu es là en errance !

Ça sent le rance, ça pue la décadence !

Ça ne sent pas bon, pas bon du tout !

La vieillesse te colle à la peau,

parlons-en de ta peau au passage,

elle aurait besoin d’un bon repassage :

elle froisse, elle plisse, elle bouloche

C’est moche !

Le plus con, c’est que tu ne peux

même plus sauter du balcon !

Et là, tu traînes ta misère

avec tes frères ou tes sœurs de fauteuil.

Puis, un à un, ils se vident les fauteuils

ça sent le deuil.

Tu restes seul, livide.

Et l’autre, la faucheuse, elle attend

tranquille, sûre d’elle :

elle ricane la sauterelle !

Elle compte : il faut qu’elle ait son compte !

Elle a horreur de se tromper, elle vérifie ses décomptes !

Un d’oublié, qu’elle honte !

Elle aussi doit rendre des comptes

… à qui ?

Puis, ton tour vient,

tu l’attendais, c’est bien.

A son tour ton fauteuil reste vide,

il attend le prochain ou la prochaine

pas misogyne pour deux ronds, c’est bon.

Ça roule pour lui !

                                                          

                                                                Pierre Dupuis

 

Image du net 

 

 

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