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Le blog-notes poétique et autre de Rotpier

" A une manifestante, " : trois sonnets et un petit bonus intitulé : " Petit aparté assassin " ... le tout signé Pierre !

22 Janvier 2019 , Rédigé par Rotpier Publié dans #Billet d'humeur, #L'actualité vue par le Rotpier, #Pensées, #Poésie, #Politique


Image du net modifiée par mes soins

 

 

Préambule :

Tout ceci relève de la fiction pure

encore qu’il arrive qu’elle supplante la réalité…

 

A une manifestante,

 

Premier sonnet :

Croisement de regards,

 

Il avait croisé son regard

Angle de rue La Boétie

Et des Champs Elysées hagards

Sous le chaos des incendies.

 

Farouche avec son grand foulard

Parfaite et troublante égérie

Brandissant comme un étendard

Un drap orné « Démocratie ».

 

Elle était belle au plus haut point

Avec au fond en filigrane

L’Arc de Triomphe au loin au loin

 

Une moderne Marianne

Que l’espace d’un bref instant

Il eut voulu poitrine au vent.

 

Second sonnet :

Fugace espoir,

 

Mais il avait baissé les yeux

Le temps était trop à l’orage

Les circonstances et les lieux

N’incitaient pas au grand partage.

 

Il y avait en travers d’eux

Des traverses d’échafaudage

Comme décor il y a mieux

Pour paraître à son avantage.

 

Il avait cru apercevoir

Lors de cet échange fugace

Qu’il n’était pas un refouloir

 

Visière pas encore en place.

De la foule vint un pavé

Qui stoppa le rêve ébauché.

 

Troisième sonnet :

 

Perdue de vue,

 

C’est en entrant en formation

Afin de repousser l’attaque

Que s’évapora sa vision

Pour lui ce fut comme une claque.

 

Il ne se fit pas d’illusion

Il en deviendrait insomniaque

Cherchant en vain l’apparition

lui qui était iconomaque.

 

Dans le même instant il pensa

A un poème populaire

Appris depuis longtemps déjà

 

« La passante de Baudelaire ».

Etrange pour un CRS

Et digne du Reader’s Digest.

 

Invitation :

 

Pour le cas où vous n’auriez pas

En tête ces superbes strophes

Ce n’est pas une catastrophe

Je vous prie de les trouver là.

.

Afin d’éclairer le sujet

Je m’en tiendrai aux deux dernières

Qui peignent de belle manière

L’instant saisi tel un cliché.

 

« Un éclair... puis la nuit ! - Fugitive beauté
Dont le regard m'a fait soudainement renaître,
Ne te verrai-je plus que dans l'éternité ?

Ailleurs, bien loin d'ici ! Trop tard ! Jamais peut-être !
Car j'ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,
Ô toi que j'eusse aimée, ô toi qui le savais ! »

 

        

                                       Charles Baudelaire  " A une passante " 

                       Recueil : " Les fleurs du mal "

 

Petit aparté assassin :

 

Il n’est pas chose très courante

De voir un CRS aimer

Baudelaire «A une passante »

Ça je peux vous le certifier !

 

Car quand on manie la matraque

Ou le Flash-Ball allègrement

il faut quand même être foutraque

… Un peu beaucoup profondément !

 

On peut leur trouver des excuses

Mais pour faire ce métier-là

Il faut l’avoir un peu obtuse

…La jugeote ça va de soit !

 

M’approcherais-je du grotesque

En disant que ces bataillons

Relèvent de la soldatesque

… et moi du délit d’opinion ?

 

                                      Pierre Dupuis

 

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