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Le blog-notes poétique et autre de Rotpier

"Le monte-en-l’air sentimental," un poème de Rotpier qui se conservera bien... je crois !

17 Avril 2018 , Rédigé par Rotpier Publié dans #Poésie, #Humour, #Poésie - humour

 

Image du net !

 

L’histoire se passe en début de siècle dernier …

 

Le monte-en-l’air sentimental,

 

C’était il y a très longtemps,

il vivait de cambriolages

lui l’homme à la force de l’âge

et elle au fort tempérament.

 

Il en était fou amoureux

mais elle était cuisse légère

ses aventures passagères

le rendaient vraiment fou furieux.

 

Et un jour le drame arriva,

il serra fort une lanière

autour du cou de sa bergère :

en peu de temps elle expira.

 

Il la découpa en morceaux

de façon vraiment méthodique,

une manière bien pratique

pour désorienter les perdreaux.

 

Il savait manier le hachoir,

les couteaux ainsi que les scies,

il avait une décennie

derrière lui en abattoir.

  

Après trois mois de flottement

il avait expurgé sa peine

ainsi que le reste de haine,

il n’avait plus trop de tourments.

 

Il avait repris le métier

de monte-en-l’air par habitude,

il le faisait sans inquiétude,

tranquillement en vieux routier.

 

Dans le genre Arsène Lupin

un peu moins élégant quand même,

vivant de façon plus bohème

mais gagnant largement son pain.

 

En souvenir de son amour

et afin de penser à elle

de manière très solennelle

il gardait dans son sac toujours …

 

… à portée de main un tibia

taillé d’un bout en pied de biche

qu’il utilisait chez les riches

quand il faisait une razzia.

 

Un outil vraiment idéal

pour forcer fenêtres et portes

et toute la joie qu’il apporte

pour quelqu’un de sentimental.

 

On peut bien être monte-en-l’air

et s’enticher d’une friponne

au point que son cœur s’enjuponne

et que l’on commette un impair.

 

Et un jour il en commit un

alors qu’il forçait une porte

avec le tibia de la morte

il ne vit pas les argousins.

  

Ils lui tombèrent sur le dos

alors qu’il rêvait à sa belle,

il passa en correctionnelle

et se prit vingt ans à Clairvaux.

 

        Moralité :

Quand on pratique ce métier

qui est assez funambulesque

on évite le romanesque :

pas la peine d’en rajouter !

 

En lieu et place d’un tibia

il aurait pu, sur l’étagère,

dans le formol et solitaire

garder son plus joli ténia.

 

  

                                                 Rotpier

 

 

 

Image du net !

Je ne suis pas certain que cela soit un ténia.

Ce dont je suis persuadé c'est que cela ne doit pas être très bon à manger !

 

Ah ! Poésie, quand tu nous tiens !

 

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