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Le blog-notes poétique et autre de Rotpier

" La saga du vieil escalier, " un très très long poème de ... Pierre

19 Juillet 2016 , Rédigé par Rotpier Publié dans #Poésie, #Pensées

.

Avertissement :

 C’est un très long poème que je vous livre-là. Un très long … une saga de 90 strophes !

Certains vont crier à la catastrophe ! D’autres aimerons, ça va de soit !

Je vais donc le publier en 5 fois, ce qui fera 18 strophes par publication.

Voici donc le début de « La saga du vieil escalier, ».

Pierre

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Photo personnelle

 

Préambule :
Tout ce qui suit ne relève pas de la vérité pure mais pas non plus d’une affabulation débridée. Il est même fort probable que mon récit poétique côtoie la réalité très souvent… j’en suis intimement persuadé et j’ai fait en sorte qu’il en soit ainsi.
A vous d’apprécier ou pas, mais de toute façon : « Le poète à toujours raison »* … quand il écrit.
Pierre Dupuis
*  Louis Aragon repris en chanson par Jean Ferrat

 

Je me dois de vous situer le lieu où se trouve ce vieil escalier et où j'ai écrit cette saga. C'est un gîte que nous avons loué pour les vacances et qui se situe à l’extrême sud de la Vienne et en bordure de la Charente et de la Haute-Vienne sur la commune de Pressac. 

 

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Photo personnelle de la vielle bâtisse ( 220 ans environ ) rénovée à l'ancienne avec beaucoup de goût, à l'extérieur comme à l'intérieur, vraiment du bel ouvrage !

 

 

La saga du vieil escalier,

 

Quand je l’ai vu j’ai su de suite

que nous allions sympathiser,

je crois que lui tout aussi vite

était prêt à fraterniser.

 

Ma main a caressé sa rampe,

je crois bien qu’il a frissonné

… ne riez pas ou je décampe

en vous faisant un pied de nez !

 

Je sais parler aux vieilles choses

et elles me le rendent bien,

nous sommes très vite en osmose

… « c’est un vieux fou ! » disent certains !

 

Peut-être bien et je l’assume,

j’ai pitié des gens trop sérieux

qui cultivent leur amertume

sous des prétextes fallacieux !

 

Vous vous perdez en conjectures

ne sachant sur quel pied danser,

continuez votre lecture

et après vous me jugerez.

 

Vieilles bâtisses, vieilles pierres,

moulins à eau, moulins à vent,

vieilles poutres, vieilles meulières,

vieil escalier toujours vaillant.

 

Nous savons très bien nous comprendre,

c’est une question de feeling,

il suffit de savoir attendre :

hors de question de tout timing !

 

J’ai choisi la troisième marche

le jour du quatrième soir

et j’ai opté comme démarche

de simplement venir m’asseoir.

 

Il m’a accueilli sans manière

en me disant : « Ah ! Te voilà !

je t’attendais la nuit dernière

mais ne t’inquiète surtout pas !

 

Je sais juguler l’impatience,

j’ai eu le temps de la dompter,

je te le dis, fais-moi confiance :

elle n’ose plus m’affronter !

 

Dès notre première rencontre

j’ai su que nous allions parler,

pas de course contre la montre,

prenons le temps de bavarder.

 

J’ai senti en toi le poète

dès que tu as touché mon bois

et j’ai bien vu rien qu’à ta tête

que tu t’intéressais à moi.

 

Jusqu’ici le seul personnage

qui m’a écouté jusqu’au bout,

qui a su rester calme et sage

c’était mon ami le hibou.

 

Dans la vieille bâtisse en ruine

il était venu s’abriter

un jour de grand vent et de bruine

et vingt ans il y est resté !

 

C’était un ami sympathique,

il écoutait tranquillement

de façon très diplomatique

mes récits tout en s’endormant !

 

Toi tu n’es là que de passage,

tu resteras bien moins longtemps,

tu es peut-être aussi un sage

mais les hommes ont moins le temps !

 

Je vais te conter mon histoire,

les grandes lignes seulement,

même si j’ai bonne mémoire

… j’en oublierais certainement !

 

Je suis bien loin de ma jeunesse :

j’ai environ deux cent vingt ans !

En ces temps-là clergé, noblesse,

régnaient sur les près et les champs.

 

Dans le fin fond de nos campagnes

c’était toujours la soumission,

l’injustice qui l’accompagne :

le terreau des révolutions.

 

 

 XXXXXXXXXXXXXXXXXXX

Seconde partie :

Un homme, un seul régnait en maître

sur souvent des milliers d’arpents,

lui-même devait se soumettre

au châtelain : chacun son rang !

 

Réputé pour être sévère,

c’était un très gros régisseur

devant lui mieux valait se taire

que de jouer les rouspéteurs !

 

C’était le temps du métayage

et il avait des métayers,

ce n’était pas de l’esclavage

mais pas non plus la liberté !

 

Années bonnes ou bien mauvaises

il fallait payer sans broncher

à l’homme vivant très à l’aise

le fermage ou bien le quitter !

 

Afin d’asseoir sa réussite,

afin d’épater les voisins

qui venaient lui rendre visite

il fallait maison et jardin.

 

Il fit bâtir cette demeure,

très luxueuse en ces temps-là,

voulant l’élégance intérieure

à la mesure et me voilà.

 

Après les murs et la charpente,

la bâtisse reçut son toit,

puis vint l’activité suivante :

les planchers et puis ce fut moi !

 

Rez-de-chaussée et deux étages,

voila ce qu’il fallait relier,

un travail de compagnonnage

pour charpentiers et menuisiers.

 

En plus de la fonction pratique,

il fallait que je fusse beau,

un point d’honneur sur l’esthétique :

ils relevèrent le flambeau !

 

Quartier tournant double volée

pour relier chacun des niveaux,

difficultés très relevées

pour les bras et pour les cerveaux.

 

Je vais t’expliquer ma naissance

en essayant de faire court

tout en sachant que par essence

je penche pour les longs discours !

 

Une fois les mesures prises

on me dessina sur papier,

des retouches et des reprises

et je fus bon pour le chantier.

 

Un travail bien sûr à l’ancienne

réalisé tout à la main

où tous les gens qui interviennent

connaissent leur travail et bien !

 

Pour évaluer le cubage

du bois pour ma fabrication,

on traça avec précision

mon épure sur un dallage.

 

Comme essence on choisit le chêne,

pas question d’en être autrement !

Solide et beau, de belles veines :

le meilleur bois assurément.

 

Cinq ou six années de séchage

en fonction de leur épaisseur,

les sections rendaient au passage

leur tanin et d’autres couleurs.

 

On avait abattu ces chênes

à la hache et après les troncs

avaient été sciés avec peine

avec de grandes scies en long.

 

Pour commencer ma mise en œuvre

on attaqua par les limons,

d’autres compagnons à pied d’œuvre

taillaient mes marches à façon.

 

Et le ballet des herminettes,

des varlopes et des rabots

commença de façon concrète :

en tous sens volaient les copeaux !

 

 

Pierre Dupuis

 

A suivre !

La longueur des billets étant limitée, veuillez suivre la troisième partie sur le billet ... troisième partie ! 

 

 

 

XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX

Troisième partie :

 

Et naissaient tenons et mortaises

sous les outils aux fils tranchants,

coupes droites ou coupes biaises

sur les faces ou sur les chants.

 

Il régnait une bonne ambiance

dans l’équipe et sur le chantier,

ils travaillaient tous en confiance

entre tous les corps de métiers.

 

Quand survenait une engueulade

- Il faut bien se lâcher un peu ! -

s’en suivait une rigolade

beaucoup plus d’une fois sur deux !

 

Les journées coupées par des pauses,

essentiellement pour manger,

duraient douze heures  - Ah ! Quelle dose ! -

six jours sur sept sans déroger !

 

L’assemblage puis le montage

prirent du temps et de la sueur,

étayage à tous les étages

avant d’atteindre la hauteur.

 

Plus besoin de grandes échelles

pour relier les trois niveaux,

une sécurité nouvelle

appréciée de tous aussitôt !

 

Il ne restait plus que ma rampe

à concevoir et fabriquer,

un travail à donner des crampes

aux cerveaux les plus affûtés !

 

OLYMPUS DIGITAL CAMERA
Photo personnelle

 

Peu d’ouvriers étaient capables

de vaincre la difficulté

pour certains incommensurable :

une question de facultés !

 

Il fallut tout le savoir-faire

d’un des plus anciens compagnons

qui passait ses journées entières

entre la règle et le crayon.

 

Il traçait et marquait les pièces

et les autres les façonnaient

sous son contrôle et en souplesse :

tous les hommes le respectaient.

 

Après mon ultime cheville

ce fut les hourras du chantier,

la fierté dans les yeux qui brillent

au travers des regards altiers.

 

Les hommes à qui je dois la vie,

après un dernier long regard

me firent avec sympathie

des gestes d’adieu : bel égard !

 

Et l’on pendit la crémaillère

un jour de juin, il faisait beau,

tous les invités défilèrent

devant moi en lançant des « Oh ! »

 

J’étais le clou de la soirée,

tout le monde voulait me voir,

une femme, une mijaurée,

m’élut pour se faire valoir !

 

Félicitations ou léchages

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R
Salut l'ami !<br /> <br /> Sur ton interrogation pertinente, j'ai ajouté des informations !<br /> Merci pour ta remarque et mollo sur l'apéro ... il fait trop chaud !<br /> <br /> @ +
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D
c'est ton escalier....je reviens à toute : me suis levé tard
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